Lexique du bricolage : 50 mots pour débuter

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Le lexique pour ne plus hocher la tête au rayon quincaillerie

Il y a ce moment, au magasin de bricolage, où le vendeur demande « plutôt Molly ou cheville à frapper ? » et où l'on répond « oui » avec une assurance totalement fabriquée. Ce lexique existe pour que ce moment n'arrive plus. Cinquante mots, classés par famille, expliqués sans condescendance et avec la raison pour laquelle ils existent.

Le Carnet de Chantier · Lecture : 15 min · À garder en favori

Le bricolage a un problème de vocabulaire. Pas parce que les mots sont compliqués, mais parce que personne ne les explique. On les apprend par transmission orale, en regardant quelqu'un faire, en écoutant un père, un oncle, un voisin qui dit « passe-moi le tournevis PZ2 » comme si c'était une évidence universelle. Quand cette transmission n'a pas eu lieu, on se retrouve adulte, propriétaire, compétente dans cinq domaines professionnels, et totalement démunie devant un mur de chevilles.

Ce n'est pas un manque de capacité. C'est un manque de dictionnaire. Et un dictionnaire, ça se rattrape en un quart d'heure.

Chaque mot de ce lexique vient avec son pourquoi. Savoir qu'un perforateur existe ne sert à rien. Comprendre pourquoi il perce le béton quand la perceuse à percussion peine, ça, ça permet de choisir le bon outil seule, devant un rayon qu'on n'a jamais vu.

Le vocabulaire technique n'a jamais été une barrière naturelle. C'est un raccourci que certains ont reçu gratuitement et que les autres doivent aller chercher. Le voilà.

1. Fixer quelque chose au mur

La famille la plus utile et la plus mal expliquée. Presque tous les échecs d'étagère viennent d'ici.

Cheville

Une cheville est un manchon, en plastique ou en métal, que l'on insère dans un trou percé dans le mur pour qu'une vis puisse s'y ancrer solidement.

Le mécanisme est simple : la vis, en entrant, écarte la cheville, qui se plaque contre les parois du trou et bloque par frottement. Sans cheville, une vis dans du plâtre ou du béton tourne dans le vide ou arrache le matériau. La règle d'or : la cheville dépend du mur, pas de l'objet. On identifie d'abord le mur, ensuite on choisit la cheville.

Cheville Molly

La cheville Molly est une cheville métallique à expansion conçue pour les murs creux, comme le placo, qui se déploie derrière la plaque pour former une sorte de papillon d'accroche.

Dans un mur creux, une cheville classique n'a rien contre quoi se plaquer : derrière la plaque, il y a du vide. La Molly résout le problème en s'écrasant en corolle de l'autre côté. Elle se pose avec une pince à expansion ou simplement en vissant jusqu'à sentir la résistance. C'est le mot qui revient le plus au rayon quincaillerie, et désormais on sait pourquoi.

Cheville à frapper

La cheville à frapper est une cheville livrée avec sa vis, que l'on enfonce au marteau d'un seul geste dans un trou percé, sans visser.

Pensée pour les fixations en série dans les matériaux pleins (béton, brique pleine) : rails, tasseaux, goulottes. Rapide, solide, mais quasi impossible à retirer proprement. On l'utilise quand on est sûre de l'emplacement, pas pour un tableau qu'on déplacera trois fois.

Tire-fond

Un tire-fond est une grosse vis à bois à tête hexagonale, qui se serre à la clé plutôt qu'au tournevis.

On le sort pour les charges lourdes : meuble haut, portique, structure en bois. La tête hexagonale n'est pas une coquetterie, elle permet d'appliquer beaucoup plus de force qu'une empreinte de tournevis, qui glisserait bien avant.

Pointe

Une pointe est le nom technique du clou.

Oui, c'est tout. Le vendeur dit « pointe », le catalogue dit « pointe », et la débutante cherche désespérément le rayon « clous » qui n'existe pas. Une pointe tient par frottement dans le bois, pas par filetage : elle résiste bien quand on tire de côté, mal quand on tire dans l'axe.

Rondelle

Une rondelle est un disque métallique percé que l'on glisse sous la tête d'une vis ou sous un écrou pour répartir la pression sur une plus grande surface.

Sans rondelle, la tête de vis s'enfonce dans le bois tendre ou déchire le matériau fin. Avec, la force est étalée. Elle coûte deux centimes et sauve régulièrement des fixations à cent euros.

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2. Percer et visser

Où l'on apprend que « perceuse » est un mot qui désigne en réalité quatre machines différentes.

Foret (et mèche)

Le foret est l'accessoire en métal qui se monte sur la perceuse et qui creuse le trou ; il existe des forets spécifiques pour le bois, le métal et le béton.

Le foret bois a une pointe centrale qui guide. Le foret métal a une pointe conique affûtée. Le foret béton a une plaquette carbure plus large que le corps, reconnaissable à sa pointe en forme de fer de lance. Utiliser un foret bois sur du béton ne fait pas de trou, ça fait de la fumée. « Mèche » est souvent utilisé comme synonyme, surtout pour le bois.

Mandrin

Le mandrin est la partie à l'avant de la perceuse qui serre le foret grâce à trois mâchoires.

Le mandrin « auto-serrant » se serre à la main en tournant la bague. Un foret mal serré tourne dans le mandrin au lieu de tourner dans le mur, ce qui donne un trou de travers et un moment de solitude.

Perceuse-visseuse

La perceuse-visseuse est une machine sans fil, légère, qui perce le bois et le métal et visse, mais n'est pas conçue pour le béton.

C'est la première machine à acheter, celle qui sert quatre-vingts pour cent du temps. Elle tourne sans à-coups, ce qui la rend précise pour visser. Elle perce du placo et du bois sans effort. Devant du béton, elle abandonne poliment.

Perceuse à percussion

La perceuse à percussion ajoute à la rotation une série de petits chocs rapides dans l'axe du foret, pour attaquer la brique et le béton léger.

Le mécanisme : deux plateaux crantés qui frottent l'un contre l'autre et produisent des milliers de micro-chocs. Efficace sur la brique, laborieuse sur le béton dur, parce que les chocs sont nombreux mais faibles. C'est pour ça qu'on la voit parfois fumer contre un mur porteur pendant que sa propriétaire transpire.

Perforateur

Le perforateur est une machine qui frappe le foret grâce à un piston pneumatique, ce qui lui permet de percer le béton beaucoup plus vite et plus facilement qu'une perceuse à percussion.

La différence est mécanique : au lieu de plateaux qui frottent, un piston propulse un percuteur. Les chocs sont moins nombreux mais bien plus puissants, et c'est la machine qui fait le travail, pas le bras. Il utilise des forets à emmanchement spécifique, dit SDS. Si la maison est en béton, c'est lui qu'il faut, et on regrette de ne pas l'avoir acheté plus tôt.

Couple (réglage de)

Le couple est la force de rotation de la visseuse, réglable grâce à la bague numérotée située derrière le mandrin.

Quand la vis atteint la résistance réglée, un embrayage se désengage et produit un cliquetis : la machine arrête de forcer. Réglage bas pour les petites vis et les matériaux tendres, réglage haut pour les longues vis dans le bois dur. C'est ce qui empêche de traverser le placo avec la tête de vis ou d'arracher l'empreinte. La plupart des débutantes ne savent pas que cette bague existe, et c'est un scandale d'information.

Pozidriv (PZ) et cruciforme (PH)

Pozidriv et Phillips (cruciforme) sont deux empreintes de vis en forme de croix qui se ressemblent, mais ne sont pas interchangeables : la Pozidriv a de fines lignes supplémentaires entre les branches.

La plupart des vis à bois vendues en Europe sont en Pozidriv. Visser une vis PZ avec un embout PH fonctionne à moitié : l'embout remonte, glisse, et arrache la tête de la vis. Ce phénomène a un nom, le « cam-out », et il est responsable d'une quantité incalculable de jurons. On regarde la tête de vis, on cherche les petits traits, on prend l'embout qui correspond.

Torx

Le Torx est une empreinte de vis en forme d'étoile à six branches, qui transmet mieux la force et glisse beaucoup moins que les empreintes en croix.

Les vis de terrasse, les vis de construction et de plus en plus de vis courantes passent au Torx, précisément parce qu'il ne ripe presque jamais. Une fois qu'on y a goûté, revenir au cruciforme ressemble à une régression.

Avant-trou

Un avant-trou est un petit trou percé avant de visser, d'un diamètre légèrement inférieur à celui de la vis, pour la guider et éviter que le bois ne se fende.

Une vis qui entre en force écarte les fibres du bois comme un coin. Près d'un bord, le bois éclate. L'avant-trou laisse passer le corps de la vis, et le filetage mord dans la matière restante. Trente secondes de plus, une planche sauvée.

Fraisure

Une fraisure est un évasement conique creusé à l'entrée d'un trou, pour que la tête d'une vis vienne s'y loger à ras de la surface.

Elle se fait avec un foret spécifique en forme de cône, la fraise. Sans fraisure, la tête de vis dépasse, accroche, et gâche l'allure d'un meuble parfaitement monté par ailleurs.

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3. Les murs et les matériaux

Toquer au mur avant de percer. Si ça sonne creux, lire la suite.

Placo (et BA13)

Le placo est une plaque de plâtre prise entre deux feuilles de carton, fixée sur une ossature métallique ; la BA13 est la plaque standard, épaisse de 12,5 mm.

« Placo » est une marque devenue nom commun, comme frigo. « BA » signifie bords amincis : les bords sont légèrement plus fins pour que la bande de joint ne fasse pas de bosse. Le placo se perce au foret bois ou métal, sans percussion, et se fixe à la cheville Molly. Il supporte bien plus qu'on ne le croit, à condition d'utiliser la bonne cheville.

Rail et montant

Les rails et les montants sont les profilés métalliques qui forment l'ossature d'une cloison en placo : les rails au sol et au plafond, les montants verticaux entre les deux.

Les montants sont généralement espacés de 60 cm. Les trouver permet de visser directement dans le métal pour les charges lourdes. Un aimant promené sur le mur révèle les têtes de vis, et donc les montants, ce qui est un tour de magie très satisfaisant.

Parpaing

Le parpaing est un bloc de béton creux utilisé pour monter des murs ; il est dur en surface mais contient des alvéoles vides.

Piège classique : on perce dans le dur, et tout à coup le foret s'enfonce dans le vide. Une cheville ordinaire n'y tient pas. On utilise des chevilles longues, spéciales matériaux creux, ou un scellement chimique pour le lourd.

Mur porteur

Un mur porteur est un mur qui supporte le poids de la structure du bâtiment (étages, charpente, planchers) et qu'on ne peut ni ouvrir ni abattre sans étude préalable.

On y perce pour fixer des choses sans problème. On ne le démolit jamais, même partiellement, sans l'avis d'un professionnel et, en copropriété, sans autorisation. C'est l'une des rares lignes rouges du bricolage, et elle est rouge pour une excellente raison.

Tasseau

Un tasseau est une pièce de bois de petite section, carrée ou rectangulaire, utilisée comme support, renfort ou ossature légère.

C'est le couteau suisse de l'atelier : support d'étagère, cadre de lambris, cale, rangement mural. On en a toujours besoin d'un de plus que prévu.

Contreplaqué

Le contreplaqué est un panneau fait de fines feuilles de bois collées les unes sur les autres, avec des fibres croisées à chaque couche.

Le croisement des fibres est tout le secret : le bois massif travaille et se déforme dans un sens, les couches croisées s'en empêchent mutuellement. Résultat, un panneau stable, solide, qui tient bien les vis.

MDF

Le MDF est un panneau de fibres de bois compressées et collées, très lisse, idéal pour les meubles à peindre, mais qui gonfle au contact de l'eau.

Sa surface parfaitement homogène en fait le support rêvé de la peinture. Ses deux défauts : il déteste l'humidité, et sa poussière de découpe est extrêmement fine. Masque obligatoire, et pas de MDF classique dans une salle de bains.

OSB

L'OSB est un panneau fait de copeaux de bois orientés et collés, reconnaissable à son aspect en mosaïque de lamelles.

Solide, économique, utilisé pour les planchers, les cloisons d'atelier et les rangements de garage. Longtemps caché, il est devenu tendance en décoration brute, ce qui amuse beaucoup les charpentiers.

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4. Mesurer et tracer

« Mesurer deux fois, couper une fois » : le seul proverbe de bricolage qui ne ment jamais.

Niveau à bulle

Le niveau à bulle est un outil qui indique si une surface est parfaitement horizontale ou verticale, grâce à une bulle d'air dans une fiole de liquide.

La bulle centrée entre les deux traits signifie « c'est droit ». Petite astuce de vérification : on pose le niveau, on lit, on le retourne bout pour bout. Si la bulle ne revient pas au même endroit, c'est le niveau qui est faux, pas le mur.

De niveau, d'aplomb, d'équerre

« De niveau » signifie parfaitement horizontal, « d'aplomb » parfaitement vertical, et « d'équerre » à angle droit exact.

Trois expressions qu'on entend sans arrêt et qui décrivent trois choses différentes. Une étagère doit être de niveau, un montant d'aplomb, un cadre d'équerre. Une pièce qui n'est ni l'un ni l'autre est une pièce « bricambolesque ».

Équerre

L'équerre est un outil en forme de L qui sert à tracer et vérifier des angles droits.

Pour vérifier un grand angle sans équerre géante, il existe la méthode 3-4-5 : on mesure 30 cm sur un côté, 40 cm sur l'autre, et si la diagonale fait exactement 50 cm, l'angle est droit. Pythagore, en tenue de chantier.

Cordeau traceur

Le cordeau traceur est une ficelle enduite de poudre colorée, que l'on tend entre deux points puis que l'on fait claquer pour tracer une longue ligne droite.

Indispensable pour les grandes longueurs : sol, plafond, faïence. Le claquement de la ficelle est l'un des sons les plus gratifiants du chantier.

Niveau laser

Le niveau laser projette une ligne lumineuse parfaitement horizontale ou verticale sur les murs, ce qui permet d'aligner plusieurs éléments à distance.

Pour une rangée de cadres, une frise de cuisine ou des tasseaux sur toute une pièce, il remplace dix allers-retours avec le niveau à bulle. Les modèles « autonivelants » se calent tout seuls, ce qui supprime aussi l'étape de calage.

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5. Préparer, peindre, finir

La partie visible. Celle qui dit si on a bien travaillé, même quand tout le reste était parfait.

Enduit de rebouchage et enduit de lissage

L'enduit de rebouchage comble les trous et les fissures en épaisseur ; l'enduit de lissage s'étale en couche très fine pour rendre toute une surface uniforme.

Le rebouchage est plus épais, plus granuleux, et ne se fissure pas en séchant dans un trou profond. Le lissage est crémeux et fin, fait pour recouvrir, pas pour remplir. Confondre les deux donne soit des trous qui se creusent en séchant, soit un mur qu'on ponce pendant trois jours.

Grain (papier de verre)

Le grain est le chiffre qui indique la finesse d'un papier abrasif : plus le chiffre est petit, plus le papier est gros et agressif.

Grain 40 à 80 pour décaper, 120 pour préparer, 180 à 240 pour la finition. Le chiffre correspond au nombre de mailles du tamis qui a trié les grains : plus il y a de mailles, plus les grains sont petits. Contre-intuitif, logique une fois qu'on connaît l'origine. On progresse toujours du plus gros au plus fin, sans sauter d'étape.

Sous-couche (ou primaire)

La sous-couche est une peinture de préparation appliquée avant la peinture de finition, pour que le support absorbe uniformément et que la peinture accroche.

Un plâtre neuf boit la peinture comme une éponge, un enduit rebouché la boit différemment du mur autour. Sans sous-couche, ces différences d'absorption apparaissent en taches mates et brillantes sur la finition. C'est l'étape qu'on a envie de sauter, et celle qu'on regrette le plus d'avoir sautée.

Glycéro et acrylique

La peinture glycéro est une peinture à base de solvants, très résistante et tendue ; la peinture acrylique est une peinture à l'eau, qui sèche vite et sent beaucoup moins.

L'acrylique a gagné la quasi-totalité des usages intérieurs : elle se nettoie à l'eau, émet moins de composés volatils, et sèche en quelques heures. La glycéro garde quelques niches (boiseries très sollicitées, métal). Règle importante : on ne passe pas d'acrylique directement sur de la glycéro sans ponçage et sous-couche adaptée, sinon elle pèle comme un coup de soleil.

Mastic acrylique et silicone

Le mastic acrylique sert à combler les fissures et les jonctions et se peint ; le silicone assure l'étanchéité dans les pièces d'eau et ne se peint pas.

Le mastic acrylique va entre une plinthe et un mur, autour d'un encadrement de porte, partout où on repeindra par-dessus. Le silicone va autour de la baignoire, de l'évier, de la douche. La peinture glisse sur le silicone et s'en détache : l'erreur se voit, et se refait entièrement.

Joint

Un joint est l'espace, et le matériau qui le remplit, entre deux éléments : deux carreaux, une plaque de placo et la suivante, un sanitaire et le mur.

Le mot désigne à la fois le vide et ce qu'on met dedans, ce qui rend certaines conversations de chantier assez philosophiques. Joint de carrelage, joint de placo (avec bande), joint silicone : même mot, trois produits.

Lasure, vernis et saturateur

La lasure pénètre le bois en le laissant respirer, le vernis forme un film protecteur en surface, et le saturateur imprègne le bois d'huile sans créer de film, surtout pour les terrasses.

Le vernis protège fort mais craquelle en extérieur, parce que le bois bouge et que le film ne suit pas. La lasure suit le bois et s'écaille peu. Le saturateur ne forme rien du tout, il remplit les pores : il faut en remettre chaque année, mais il ne pèle jamais. Pour l'extérieur, le vernis est presque toujours le mauvais choix.

Maroufler

Maroufler consiste à presser un revêtement (papier peint, toile, adhésif) contre son support pour chasser les bulles d'air et le faire adhérer parfaitement.

Avec une spatule souple ou une brosse, du centre vers les bords. Le mot a l'air d'une injure médiévale, il désigne en fait un geste très doux.

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6. L'électricité (le minimum vital)

Pas pour refaire l'installation. Pour changer un luminaire en comprenant ce qu'on fait, et savoir ce qu'on ne fait pas.

La règle qui passe avant tout le reste : on coupe au tableau électrique, puis on vérifie l'absence de courant avec un testeur avant de toucher un fil. Couper à l'interrupteur ne suffit pas. Et si un doute subsiste, on appelle un électricien : c'est le seul domaine du bricolage où l'erreur ne se rattrape pas au mastic.

Tableau électrique

Le tableau électrique est le boîtier qui répartit le courant dans la maison en plusieurs circuits, chacun protégé par son propre disjoncteur.

Un tableau bien étiqueté permet de couper uniquement la pièce concernée. Un tableau non étiqueté oblige à tout couper et à chercher sa lampe frontale. Étiqueter son tableau est un excellent premier chantier électrique, et il ne comporte aucun risque.

Disjoncteur et interrupteur différentiel

Le disjoncteur coupe un circuit en cas de surcharge ou de court-circuit pour protéger les câbles ; l'interrupteur différentiel coupe le courant s'il détecte une fuite, pour protéger les personnes.

Ce ne sont pas deux fois le même appareil. Le disjoncteur surveille la quantité de courant : trop, et les fils chauffent. Le différentiel compare le courant qui part et celui qui revient : s'il en manque, c'est qu'il passe ailleurs, par exemple à travers quelqu'un. Le calibre 30 mA indique qu'il réagit à une fuite minuscule, bien avant qu'elle soit dangereuse. C'est l'appareil le plus important de la maison, et le moins connu.

Phase, neutre et terre

La phase amène le courant, le neutre le ramène, et la terre évacue un éventuel courant de fuite vers le sol pour éviter qu'il passe par une personne.

En France, le neutre est bleu, la terre est vert et jaune, et la phase prend les autres couleurs (souvent rouge, marron ou noir). Dans une installation ancienne ou bricolée par un précédent propriétaire à l'imagination débordante, les couleurs ne garantissent rien. Seul le testeur fait foi.

VAT (vérificateur d'absence de tension)

Le VAT est un appareil qui confirme de manière fiable qu'un circuit n'est plus sous tension avant d'intervenir.

Le tournevis testeur à ampoule a ses limites et ses fausses sécurités. Le VAT est l'outil fait pour ça, et il coûte moins cher qu'une consultation aux urgences.

Borne à levier (ou connecteur rapide)

La borne à levier est un petit connecteur qui relie des fils électriques en les pinçant sous un levier, sans vis ni outil.

Elle a largement remplacé le « domino » à vis, dont les vis se desserrent avec le temps. On dénude le fil à la longueur indiquée sur la borne, on lève le levier, on insère, on referme. On tire doucement sur le fil pour vérifier. Satisfaisant et fiable.

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7. Le jargon de chantier

Les mots qu'on entend dans les tutos vidéo et que personne ne prend la peine de définir.

Affleurer (à fleur, affleurant)

Affleurer signifie arriver exactement au même niveau que la surface voisine, sans dépasser ni être en retrait.

Une tête de vis affleurante, une prise encastrée à fleur du mur, une porte de placard qui affleure le cadre. C'est le mot qui distingue un travail propre d'un travail approximatif.

Chanfrein

Un chanfrein est une petite coupe en biais réalisée sur une arête vive, pour l'adoucir ou éviter qu'elle s'écaille.

Un coup de rabot ou de papier de verre à 45 degrés sur l'arête d'une planche, et elle ne s'éclate plus au premier choc. Détail discret, rendu professionnel.

Calepinage

Le calepinage est le plan de disposition des carreaux, lames ou panneaux, réalisé avant la pose pour répartir les coupes et éviter les petites bandes disgracieuses.

Sans calepinage, on commence dans un coin, tout va bien, et on arrive à l'autre bout avec une bande de 2 cm impossible à couper proprement. Avec, on centre, on répartit, et les coupes tombent là où elles se voient le moins. Une heure de papier économise un week-end de regrets.

Dresser

Dresser une surface, c'est la rendre parfaitement plane et droite, en ajoutant ou en retirant de la matière.

On dresse un mur à l'enduit, un chant de planche au rabot. Le mot vient du vocabulaire des artisans et donne immédiatement l'air de savoir de quoi on parle.

Temps de séchage et temps de recouvrement

Le temps de séchage indique quand une surface est sèche au toucher ; le temps de recouvrement indique quand on peut passer la couche suivante, et il est souvent plus long.

Sec au toucher ne veut pas dire prêt. Recouvrir trop tôt piège l'humidité ou les solvants sous la couche suivante, qui cloque, ride ou ne durcit jamais. Le chiffre est sur le pot. Il n'est pas indicatif, il est chimique.

Ragréage

Le ragréage est un mortier très fluide que l'on coule sur un sol pour le rendre plan avant d'y poser un revêtement.

Il s'étale presque tout seul, d'où son surnom de « chape liquide ». Un sol pas plan sous un parquet flottant ou un vinyle, c'est des lames qui grincent et des joints qui s'ouvrent. Le ragréage règle le problème à la source.

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8. Se protéger

La section la plus courte, et celle qui décide si on bricole encore dans vingt ans.

EPI

Les EPI (équipements de protection individuelle) regroupent tout ce qu'on porte sur soi pour se protéger : lunettes, gants, masque, protections auditives, chaussures de sécurité.

Le sigle vient du monde professionnel, et c'est une bonne nouvelle : les chantiers pros ont mis des décennies à comprendre que la protection n'est pas optionnelle. On peut profiter de leur expérience sans la payer.

Masque FFP2 et FFP3

Les masques FFP2 et FFP3 filtrent les poussières fines ; le FFP3 filtre davantage et s'impose pour les poussières les plus fines ou les plus abondantes.

FFP2 au minimum pour poncer de l'enduit ou du bois. FFP3 pour découper du béton, du carrelage ou de la pierre (poussière de silice), et pour les gros ponçages de MDF. Le masque en tissu ou le masque chirurgical ne protège de rien ici. Les poumons ne se remplacent pas, contrairement aux gants.

Protections auditives

Les protections auditives (bouchons ou casque antibruit) réduisent le volume sonore des machines pour éviter les dommages permanents de l'oreille.

Une scie circulaire ou un perforateur dépassent largement le seuil au-delà duquel l'oreille s'abîme, et la perte d'audition est progressive, indolore et définitive. On ne la remarque que quand il est trop tard pour faire autrement.

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Ce lexique ne rend pas experte. Il fait quelque chose de plus utile : il permet de poser la bonne question. « J'ai un mur creux et je veux accrocher 15 kilos, quelle Molly ? » obtient une réponse précise. « Il me faut un truc pour le mur » obtient un regard et un produit au hasard.

Nommer les choses, c'est déjà reprendre la main dessus. Au rayon quincaillerie comme ailleurs.

Et le jour où l'on explique à quelqu'un d'autre la différence entre un disjoncteur et un différentiel, on sait qu'on a changé de camp.

Le vocabulaire, c'est fait. Reste la tenue qui va avec : celle qui encaisse l'enduit, la sciure et le mastic sans qu'on ait à choisir entre être efficace et avoir de l'allure. Sweats, hoodies, veste imperméable, tablier.

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Quel mot t'a fait hocher la tête sans comprendre au magasin ? Il manque un terme qu'on devrait ajouter ? Ce lexique s'enrichit avec les commentaires, alors vas-y.

Le Carnet de Chantier