Les 5 outils vraiment indispensables (et ceux qu'on achète pour rien)
Il y a deux types de personnes : celles qui ont un tiroir à outils raisonnable, et celles qui ont un tiroir à outils dans lequel elles ne retrouvent jamais le bon tournevis. Cet article s'adresse aux deux et à toutes celles qui ont déjà acheté un outil "au cas où" qui dort depuis trois ans dans une boîte.
Le bricolage a un problème marketing. Les grandes surfaces spécialisées sont organisées pour te faire croire que tu as besoin de beaucoup de choses. Les influenceurs DIY ont des ateliers avec des rangements muraux complets et des outils assortis qu'ils reçoivent souvent gratuitement.
La réalité d'une débutante ou même d'une bricoleuse confirmée qui vit dans un appartement, c'est qu'on a besoin de peu. Bien choisi. Et qu'on peut gérer 80% des situations avec cinq outils et un peu de méthode.
Voilà lesquels. Et voilà ceux qu'on achète en croyant en avoir besoin et qu'on range deux semaines plus tard pour ne plus jamais les revoir.
Les 5 outils vraiment indispensables
Le tournevis cruciforme et plat
Pas un jeu de 47 embouts rangés dans un étui qui ne se referme jamais bien. Deux tournevis : un cruciforme (le plus utilisé, pour les vis en croix) et un plat (pour le reste, et pour ouvrir les boîtes de peinture, avouons-le). Solides, avec une bonne prise en main, c'est tout ce qu'on demande.
À savoir : un manche ergonomique bien dimensionné fatigue moins la main et permet plus de précision. C'est là que la qualité compte vraiment, pas dans le nombre d'embouts.
La perceuse-visseuse sans fil
L'outil qui change tout. Pas la perceuse à percussion professionnelle à 300€, la perceuse-visseuse sans fil d'entrée de gamme à 50-80€ suffit largement pour poser des étagères, monter des meubles, fixer des crochets, percer du carrelage avec le bon foret. Sans fil parce que la liberté de mouvement vaut vraiment le coup. Avec deux batteries si possible pendant que l'une charge, l'autre travaille.
À savoir : un couple de serrage autour de 30 Nm suffit pour 90% des usages domestiques. Ne pas surpayer pour une puissance dont on n'aura jamais besoin.
Le marteau
Basique, irremplaçable, sous-estimé. Un marteau de 300 à 400 grammes, pas trop léger (inefficace), pas trop lourd (fatiguant). La tête acier, le manche bois ou fibre de verre. Il sert à planter des clous, évidemment, mais aussi à enfoncer des chevilles récalcitrantes, à débloquer des tiroirs coincés, et à exprimer une certaine frustration de façon constructive.
À savoir : le côté plat frappe, le côté fendu arrache les clous. Cette information change des vies.
Le mètre ruban 3 ou 5 mètres
Mesurer avant de percer. Mesurer avant de couper. Mesurer avant d'acheter. Mesurer une deuxième fois parce que la première fois on n'était pas sûre. Le mètre ruban est l'outil qui évite 80% des erreurs évitables et pourtant c'est celui qu'on retrouve le moins quand on en a besoin, parce qu'il traîne partout sauf là où on l'a posé.
À savoir : ranger le mètre ruban toujours au même endroit. Toujours. Sans exception. C'est une discipline de vie.
Le niveau à bulle
Parce que "à l'œil" n'est pas une unité de mesure. Un tableau posé de travers, une étagère qui penche, un cadre qui tire vers la gauche, tout ça se règle avec un niveau à bulle et trente secondes d'attention supplémentaire. Le modèle basique à 5€ fait exactement le même travail que celui à 40€. La bulle au centre, c'est droit. C'est tout.
À savoir : certaines perceuses ont un niveau intégré dans l'application de leur marque. Pratique, mais le niveau physique ne tombe pas en panne de batterie au mauvais moment.
Et un assortiment de visserie, parce que la cheville, c'est une science
Techniquement pas un outil, mais indispensable quand même : un assortiment de vis, chevilles et clous. Parce que le mur n'est jamais ce qu'on croit.
Le mur de ta cuisine : plaque de plâtre sur ossature métallique.
Le mur de ta salle de bain : béton armé de 1974.
Le mur du salon : briques creuses recouvertes d'enduit.
— Conclusion : chaque mur est une surprise. Avoir plusieurs types de chevilles sous la main évite le trajet d'urgence au magasin un dimanche après-midi.
- Chevilles universelles (grises, type Fischer SX) : pour béton, brique pleine, parpaing
- Chevilles Molly ou toggle bolt : pour plaque de plâtre sans montant derrière
- Vis à bois (assortiment 3x20 à 5x60mm) : pour le bois et les meubles
- Vis à métaux (quelques tailles courantes) : pour l'acier et l'aluminium
- Clous fins (type pointe de Paris) : pour les petits accrochages sans perceuse
Ceux qu'on achète pour rien - le palmarès
Pour l'équilibre du tableau. Parce que la liste des outils inutilement achetés est longue, universelle, et légèrement douloureuse à lire si tu as un placard.
Tu en as besoin pour monter un meuble IKEA. IKEA en fournit une dans la boîte. La clé Allen fournie fait le travail. Le jeu de 25 pièces rangé dans sa pochette plastique ne servira jamais, sauf à trouver la bonne taille après avoir essayé les 24 autres.
Un outil formidable. Vraiment. Pour couper des formes dans du bois, du carrelage, du métal. Sauf que si tu n'as pas de projet qui nécessite de couper des formes dans du bois, du carrelage ou du métal, tu vas l'acheter, la sortir de sa boîte pour vérifier qu'elle fonctionne, et la ranger. Pour toujours. Les magasins de bricolage en louent, option nettement plus raisonnable. Ou bien demande à ton entourage, y'a bien quelqu'un qui en a une au fond d'une boite depuis des années.
Utile en théorie, rarement utilisé en pratique. La règle empirique "on ne perce jamais à moins de 15cm d'une prise ou d'un interrupteur" couvre la grande majorité des situations courantes. Si tu dois percer près de l'électricité, emprunte le détecteur d'une voisine ou d'une ressourcerie plutôt que d'en acheter un pour deux utilisations par an.
Sur 100 embouts, tu en utiliseras 3. Le cruciforme PH2, le plat standard, et peut-être le Torx si tu as des meubles d'une certaine marque nordique. Les 97 autres attendront dans leur rangement en plastique qui ne se referme jamais correctement.
Acheté pour un projet créatif précis. Utilisé deux fois. Ranger dans le tiroir du haut. Redécouvert trois ans plus tard en cherchant le mètre ruban. Il n'est pas inutile, mais c'est clairement un outil de projet, pas un outil de base. À acquérir quand le projet l'exige, pas avant.
Le projet de refaire les meubles est noble. Il est souvent reporté. La ponceuse achetée en anticipation attend patiemment dans sa boîte le jour où ce projet deviendra réel. Ce jour arrive parfois et dans ce cas, la ponceuse se justifie pleinement. Mais achète-la quand le meuble est là, poncé à la main en première passe, et que tu confirmes que oui, ce chantier a lieu.
La règle des outils - version courte
- Acheter un outil quand un chantier précis le demande, pas avant
- Emprunter ou louer pour les outils utilisés une ou deux fois par an
- Préférer la qualité sur les outils du quotidien (tournevis, marteau), ils durent toute une vie
- L'entrée de gamme suffit largement pour les outils électriques de base
- Un bon rangement vaut autant qu'un bon outil, si on ne le trouve pas, il ne sert à rien
On a mis "faire" au centre de la marque pas "avoir". Avoir les bons outils, c'est utile. Mais avoir beaucoup d'outils pour se donner l'impression de bricoler sans vraiment commencer, c'est une forme très confortable de procrastination.
Cinq outils bien choisis et un chantier devant soi valent mieux qu'un atelier parfaitement équipé et rien à faire dedans.
Chignole & Chignon
Un tournevis, une perceuse, un marteau, un mètre ruban, un niveau à bulle. C'est tout ce qu'il faut pour commencer ... vraiment commencer.
Le reste, on verra quand le chantier le demandera. Pas avant.
Le Carnet de Chantier